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novembre 2021 ONLINE

La force du bien. les espoirs et les défis de la Région des Grands Lacs

S.E. Mgr Simon NTAMWANA – Archevêque de Gitega – Président de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi

Nous sommes très heureux de saluer les assises africaines du Forum International de l’Action Catholique qui se tiennent à Bujumbura, du 21 au 25 Août 2002.
La venue de si nombreux amis dans notre pays déchiré par une guerre fratricide nous conforte et nous stimule à la conversion à la fraternité évangélique. Le Maître, Jésus, au milieu de nous, le répète à tous: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés» (Jn 15,12). Après nous avoir manifesté son humble amour qui tient à laver les pieds à chacun de nous, il insiste encore: «à ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples: à l’amour que vous aurez les uns pour les autres» (Jn 13, 35).
Votre visite signifie beaucoup pour le Pays et pour l’Eglise qui est au Burundi. Elle est une source d’énergie inégalée pour les membres de nos mouvements d’Action Catholique, spécialement représentés ici.
Il m’a été demandé de vous offrir une ample description des situations que nos Mouvements d’Action Catholiques sont appelés à évangéliser et à sanctifier. J’aimais articuler cette communication qui s’intitule «La Force du Bien» (voir 2 Thess. 3,13) comme suit:
– La pédagogie active prévisionnelle de Jésus, en Lc 14,28-32
– Une région de très grandes capacités
– nos défis
– analyse de situations
– notre engagement de chrétiens, bras droits des pasteurs
– conclusion: l’invincible force du bien (2 Thess 3,13).

I. La pedagogie active prévisionnelle de Jesus
Dans l’Evangile de Saint Luc, nous lisons le passage suivant: «Lequel d’entre vous, quand il veut bâtir une tour, ne commence pas par s’asseoir pour calculer la dépense et juger s’il a de quoi aller jusqu’au bout»? Autrement, s’il pose les fondations sans pouvoir terminer, tous ceux qui le verront se mettront à se moquer de lui et diront: «voilà un homme qui a commencé à bâtir qui n’a pas pu terminer!». Ou, «quel roi, quand il part faire la guerre à un autre roi, ne commence par s’asseoir pour considérer s’il est capable, avec dix mille hommes, d’affronter celui qui marche contre lui avec vingt mille? Sinon, pendant que l’autre est encore loin, il envoie une ambassade et demande à faire la paix» (Lc 14,28-32).
Jésus s’adresse aux foules qui, enthousiastes de l’entendre pour la première fois, veulent le suivre, au premier contact. Il demande à ces personnes de ne pas se laisser entraîner par le premier mouvement, la première parole, qui peut être douce comme le miel dans la bouche, mais plus tard, manifester toute l’amertume de la difficulté d’en vivre ou de l’annoncer (Ez 3,1-3).
L’entreprise de suivre Jésus est de taille; elle absorbe toute ma personne; elle n’épargne rien en moi! Jésus invite la foule à mesurer son action de le suivre aux réalités de faire partie de ses disciples. Il amène chaque personne de l’auditoire à découvrir la réalité qui l’attend, au-delà des enthousiasmes souvent éphémères et par conséquent fort insignifiants dans la vie concrète! Non seulement nous sommes appelés à constater nos réalités quotidiennes à évangéliser, à sanctifier, mais nous devons prévoir les énergies, les méthodes et les stratégies à impliquer pour accomplir la tâche qui nous attend.
Notre place est dans le monde: c’est là que le Maître nous place, spécialement ceux qui, par leurs occupations dans la vie sociale, sont immédiatement en contact avec l’ensemble des problèmes de la société: «Vous n’êtes pas du monde» (voir Jn 17,16), tout en restant dans le monde (voir Jn 17,11). Il est indispensable que le chrétien respecte cette co-location, pour mieux intervenir (voir AA 7).
Notre âme est le Christ lui-même. Il est le Maître, le Modèle et la source de notre vie devenue action permanente sur le monde: «Il est évident que la fécondité de l’apostolat des Laïcs dépend de leur union vitale avec le Christ» (AA 4).
Notre rôle: aller en aide à tous les autres ministres de l’Eglise, comme «coopérateurs de la vérité» (3Jn 8) dans tout le déploiement de la mission de l’Eglise. «A tous les chrétiens donc incombe la très belle tâche de travailler sans cesse pour faire connaître et accepter le message divin du salut par tous les hommes sur toute la terre» (AA 3,§3).
Rien ne sert plus d’insister que l’urgence et le caractère indispensable de bien connaître le champ de notre action, compte tenu aussi des formations que les diocèses, c’est-à-dire les Eglises locales, peuvent et doivent assurer aux laïcs: connaissance spirituelle, connaissance du mystère du salut, connaissance du monde actuel (voir AA 29). Ci-après, je reviens spécialement sur la connaissance du monde actuel de la Région des Grands Lacs. Certes, le regard que je jette sur la Région se veut ambitieux et ne peut pas permettre les détails de chaque pays. C’est pourquoi, il se contentera de traits généraux, offrant quand même la possibilité d’entrevoir clairement des actions bien concrètes.

II. La Région des Grands Lacs a d’énormes capacites nationales et internationales
Les populations humaines: sont nombreuses; jeunes, avec une augmentation annuelle de près de 3%; généralement actives, spécialement au Burundi et au Rwanda où l’exiguïté des terres sous pression de la démographie exige que les personnes s’attellent davantage aux travaux quotidiens; les valeurs de la vie, de l’éducation, y sont généralement très reconnues; l’on aime la vie, l’enfant; l’on y respecte l’adulte, le sage âgé; l’environnement y est généralement sain et la nature généreuse. La famille occupe encore une place de choix: l’héritage ancestral, en passe de disparaître, semble échapper à la modernité qui la conduit de plus en plus à n’être que nucléaire; les liens familiaux semblent se recréer par les immenses difficultés qu’a ramenées en cohortes la crise politico-ethnique de la Région.

1° La nation
Elle garde encore une structure assez solide; le passage de la société traditionnelle monarchique et patriarcale vers la démocratie s’opère, avec beaucoup de souffrances; les deux dernières décennies du XXème siècle finissant auront connu la crise la plus grave de notre histoire récente; l’agonie de la Nation a résisté à l’ethnie, qui ressemblait à une bourrasque harassante sur les consciences et les comportements; au lieu de nous réjouir de la diversité qui harmonise l’unité dynamique, nous avons failli vendre la nation à l’émiettement égoïste sous le drapeau de l’exclusion ethniste. Les Evêques ont bien rappelé la valeur de l’ethnie dans leur message de Nairobi 1997, intitulé: «Vous êtes tous frères: cessez la guerre».
La nation doit sauvegarder ses institutions par lesquelles elle avait traversé les années plus dramatiques de la colonisation. L’aventure de la démocratisation n’est pas un chemin sans issue, si nous avons le courage de comprendre la portée de la participation des citoyens à leur destin et à l’avenir de leur Pays. Les Eglises ont montré combien efficace une société ainsi construite peut être et comment elle conduit les diverses composantes nationales à leur épanouissement. Nous sortions des dictatures et des Etats dirigés par des élites militaires avec les conséquences que cela a comportées.
Quoique les égoïsmes économiques promettent un lendemain meilleur, la solidarité entre nos pays avait créé un réseau de relations dans la CEPGL qui épanouissaient les couches actives de la société. La mobilité des personnes offrait des chances indéniables de développement social et économique.

2° La société civile
C’est une catégorie sociologique assez nouvelle qui regroupe des associations des citoyens qui se rangent derrière des objectifs visant le bien-être de la Nation sans passer par les partis politiques. Ces associations naissent particulièrement nombreuses au moment de la démocratisation de nos pays; les premières associations naissent sevrées de toute influence de parti politique et de tout patronage des ethnies; celles nées devant le feu de la confrontation politico-ethnique n’y ont pas échappé, au point que la société civile est tombée prisonnière de la crise actuelle, à l’exception de quelques associations qui ont tenu dur pour se bien distinguer et des partis politiques et de la crise ethnocentrique.
Au sein de la société civile sont nées des associations particulièrement impliquées dans la défense des droits de l’homme qui peuvent frayer aujourd’hui un chemin valable à l’épanouissement des droits fondamentaux de la personne.
Les Mouvements d’Action Catholique avaient été jusque-là les associations les plus visibles dans nos milieux ruraux; aujourd’hui, il est indispensable de renouveler profondément la dynamique de nos mouvements et leurs stratégies afin de rester opérationnels et efficaces sur le terrain. Pourquoi pas compétitifs, attractifs aussi!

3° La culture
La vitalité de nos cultures est indiscutable; elles ne sont pas arriérées, mais fort développées; elles sont saines, parce que théocentriques et anthropocentriques, en même temps; elles ne prônent ni la mort de Dieu, ni la mort de l’homme, car l’une entraîne l’autre, affirme le P. Bernard SESBOË dans son livre «Croire».
Ces cultures ont plu à beaucoup de chercheurs tant étrangers que locaux; actuellement, les facultés universitaires d’Europe, d’Amérique et d’Afrique regorgent d’ouvrages de qualité qui décrivent sous plusieurs angles nos cultures et leurs contenus. Je ne me cache pas les limites de nos traditions; ce sont là comme des creux d’attente où peuvent s’insérer les apports d’autres cultures; les mêmes limites appellent au secours l’Evangile et la foi qui y conduit, pour être comblées et accompagner nos peuples vers un épanouissement majeur; ces limites témoignent de la grandeur de nos cultures; elles attendent la rencontre enrichissante avec d’autre modes de vie, pendant qu’elles doivent offrir, elles aussi, les perceptions cosmo-anthropologiques qu’elles recèlent.

4° L’économie
Nous sommes rangés parmi les tout derniers pays sur l’échelle de la richesse et la productivité mondiale. Triste record! mais nos populations n’ont jamais mendié en temps de paix et de sérénité atmosphérique; leur honneur a toujours été de faire subsister leurs familles; leur volonté est de produire ce qu’elles peuvent; nos hommes et nos femmes sont la fierté et la garantie de survie de notre région; la capacité de travail et l’inventive des paysans ont souvent surpris! La nature est généreuse; le climat est favorable; les ressources naturelles sont faramineuses, dans certains points de notre région. Nous tentons de résister à l’étranglement de la mondialisation, en voulant entrer dans le nouveau système avec des mains plus garnies (au-delà du 2% du commerce mondial qui ont actuellement reconnus à l’Afrique!); il ne faut surtout pas nous évader, ou vouloir nous enfermer quelque part! Il est indispensable d’être présent, en inventant les raisons d’être plus attractif, plus performant – nigra sum sed formosa! pauper sum, sed activus.

5° L’art
Les épithètes collés à notre art sont souvent autant injustes qu’aberrants: rien de primitif, rien de naïf; l’art africain, l’art de notre région traduit l’homme dans ses espoirs et ses défis, il montre les méandres et la complexité du mystère de la vie, de Dieu et du monde; il ne veut pas placarder; il ne veut pas traîner dans le ridicule; le tragique de la vie est pudiquement livré à notre contemplation, sans abaisser la dignité de la personne; les diverses expressions de l’art semblent se conjuguer pour nous libérer de l’excentrisme artistique que l’on observe dans plusieurs milieux culturels des sociétés avancées.
Nous avons très sommairement brossé les tableaux lumineux, pleins d’espoirs. Passons à l’obscur, peut-être même au misérable!

III. Les défis de la Région des Grands Lacs
Ne nous couvrons pas les yeux! Les espoirs peuvent être là; mais aussi des défis, d’énormes problèmes qui peuvent vanifier les points de repère positifs que nous venons de brosser rapidement.

1° Les populations
Le problème démographique: la démographie est, dans notre région, une priorité à affronter avec une responsabilité chrétienne; il est urgent que notre amour légendaire de la vie soit un amour responsable pour ne pas aggraver la pauvreté qui s’installe inéluctablement dans nos foyers; la vie humaine que nous avons sacrifiée sur les autels du pouvoir politique et économique doit rester à sa place de première de cordée dans la montée vers le bien-être de tous; les droits fondamentaux de la personne ont été laissés pour compte, au point qu’ils furent considérés par les uns comme une mode à oublier, et par d’autres comme synonyme de conquête hégémonique qui aurait exclu le vaincu, le moins nombreux de la société ou le plus pauvre économiquement; des phénomènes de récession et de crise morale s’annoncent: le génocide, la pédophilie, l’engouement démesuré vers les richesses, le refus du pardon offert ou demandé, ce sont là des constats sociaux d’une santé morale désormais fort vulnérables; le SIDA est décrit comme un mal économique; pour l’Eglise, le SIDA est et reste un mal moral, autour duquel le narcissisme du condom n’aide en rien pour en sortir; en effet, le condom ou le préservatif est un moyen à usage multiple dont les conséquences ne peuvent que confirmer la personne dans son plaisir égoïste et exclusif.

2° La nation
Sans surprise, mais avec beaucoup d’angoisse, la nation est tombée dans des dérives ethniques dangereuses après le phénomène politique de la démocratie. Toutes les initiatives socio-politiques ont été référées à l’ethnie; le parti politique, la lutte pour les droits de la personne, l’économie. Très facilement, la liberté individuelle a été confisquée par le groupe ethnique: toute action n’allant pas dans le sens du groupe a été soupçonnée et même condamnée au châtiment qui souvent a été la mort, l’exclusion ou le soupçon permanent; le développement s’est ensablé, le bien-être du pays en souffre et en meurt; le pouvoir d’achat a été étranglé par les interminables spéculations de l’économe de guerre; l’on se débrouille, souvent avec la loi de la jungle, celle du plus fort; la crise ethnique frisant le génocide n’est pas encore au bout du tunnel, avec des relents de vengeance et de refus de réconciliation nationale; il faut ressusciter le projet de la démocratisation, malgré les résistances encore tangibles avec référence à l’africanité et aux traditions qui avaient équilibré nos sociétés; l’on a souvent parlé de l’échec de l’évangélisation dans la Région africaine la plus catholique et la plus chrétienne: il y a lieu de s’interroger profondément sur l’action de l’Eglise avant, pendant et après les crises qui viennent de travailler la Région des Grands Lacs.

3° La société civile 
Elle a réalisé des efforts louables. Elle a contribué à réveiller une conscience nouvelle: même en dehors du parti politique, je peux puissamment contribuer à l’avènement d’une société plus humaine, parce que plus solidaire; cependant, il faut guérir la même société civile, actuellement encore prisonnière des partis politiques ou des influences ethnistes.
Vis-à-vis des Mouvements de l’Action Catholique qui ont engendré de si nombreuses élites politiques, économiques et militaires, sans oublier leur apport religieux et spirituel, nous devons inventer de nouveaux objectifs avec des nouvelles stratégies, selon la parabole du vin nouveau qui réclame de nouvelles outres; ne faudra-t-il pas oser la délocalisation et l’organisation des Mouvements d’Action Catholique, pour les ramener au terroir, leur imprimer la stratégie de l’action et du témoignage immédiats, locaux, pour qu’ils soient opérationnels là où ils vivent? C’est là le but de leur appliquer la vision théologique de Vatican II, qui voit le vrai lieu de vie des Mouvements d’Action Catholique dans l’Eglise locale, c’est-à-dire dans le Diocèse.

4° La culture et l’art
Ils sont tributaires des effets qui se produisent généralement dans le Pays et je me permets de ne pas y insister.

5° L’économie
Elle mérite une attention particulière. Nous sommes en pleine mondialisation; nos pays y vont démunis, plus appauvris par le néo-libéralisme, une conception sauvage de l’organisation économique où le plus faible disparaît sans autre forme de procès; nos pays sont parmi les plus pauvres et le PIB est tombé au plus bas, moins de 150$/an/individu; nous vivons en dessous du seuil de la pauvreté, fixé à 1$/jour de capacité économique; le fléau du SIDA nous affaiblit davantage et fait de notre Région l’holocauste du 21ème siècle, après les génocides perpétrés dans nos murs. Pays de 1.000 collines, Pays de 1000 problèmes, Région de 1.000 défis. C’est à chaque niveau que nous nous battons à des défis incontournables. Il faut les porter courageusement sur nos épaules de disciples du Christ.
Notre foi doit agir. Notre action doit être éclairée par l’Evangile. Le Christ doit transformer notre région par notre entremise.

IV. Tentative d’analyse
Nous nous trouvons devant un corps malade; les symptômes du mal sont cependant assez clairs: les cellules du corps véhiculent elles-mêmes le mal; l’action extérieure seule n’aurait pas pu ébranler le système de la souveraineté de nos pays, si leurs citoyens n’avaient pas livré leurs propres Nations: mais l’espoir de guérison est réel et part de signes sûrs et forts. Si les défis nous crèvent les yeux, des espoirs réjouissent notre cœur.
La vitalité des communautés, leur refus à mourir par la guerre qui dure depuis 1990, à partir du Rwanda, en passant par le Burundi, pour aller s’installer au Congo, la ténacité de la communauté chrétienne à rester un signe de vie et d’espérance dans toute la Région; ce sont là des motifs qui promettent la vie et non la mort.
Je fais miens les constats analytiques de nos pasteurs, récemment réunis à Kigali, lors de l’Assemblée Générale extraordinaire de l’Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale, ACEAC en sigle:
Il y a 3 ans, tandis que nous étions réunis à Nairobi, en Assemblé plénière de l’Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale, ACEAC en sigle, lançions un appel pressant aux chrétiens et à tous les hommes de bonne volonté en disant: «Vous êtes tous frères, arrêtez les guerres» (Mt 23,8). 

Ce message, bien que largement répercuté et accueilli par les fidèles chrétiens, n’a pourtant pas arrêté les guerres.
Au cours de la présente réunion, le Pape Jean-Paul II, dans le message d’encouragement qu’il a envoyé au Président de l’ACEAC, insiste encore: «Aujourd’hui, je veux redire avec vous: plus jamais la guerre qui ruine le désir des peuples de vivre dans la tranquillité et l’entente fraternelle! Que se lève sur l’Afrique des Grands Lacs les témoins courageux d’une nouvelle espérance pour toute la région!».
Son Excellence Mgr Robert Sarah, Secrétaire de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, aborde lui aussi le thème de l’espérance face à la situation de crise qui est la nôtre, dans son homélie prononcée à la messe d’ouverture de nos assises en disant: «Malgré la guerre et la violence absurde, malgré les catastrophes, malgré tous les malheurs qui nous submergent, nous devons ensemble réaffirmer notre foi en l’amour que Dieu nous porte. Dieu aime l’Afrique».
Et le Président en exercice de l’ACEAC, en ouvrant nos travaux, (il s’agit de la récente Assemblée Générale de Kigali, Mai 2002) a caractérisé dans les termes suivants les circonstances de la réunion: «Nous voudrions… réaffirmer devant tous et chacun l’évidence de notre mission comme Eglise du Christ, sacrement et lieu de salut. Cela est vrai de par notre foi. Cela est vrai également, et heureusement d’ailleurs, de par les appels qui nous sont adressés de toutes parts. L’Eglise Catholique est l’institution la mieux placée, pour faire prendre conscience de la crise qui sévit dans nos pays».

V. Notre engagement de chretiens
Nous sommes ici rassemblés en chrétiens, en disciples du Christ qui désirent partager la grâce du salut avec toutes les nations. C’est le commandement reçu du Ressuscité: «Allez, faites de toutes les nations mes disciples» (Mt 28,19). Aux chrétiens de la Région des Grands Lacs, il dit explicitement: de tous vous-mêmes, faites mes amis; de tous vos citoyens, de toutes vos Nations, faites mes disciples; de toutes les réalités de leur vie, faites des grâces du salut qui veut offrir à toute personne l’Amour miséricordieux du Père. Nous ne sommes pas des chrétiens «génériques», mais des chrétiens spéciaux – pour gloser le langage actuel pharmaceutique! Nous sommes des membres éminents de l’Action Catholique. Nous sommes les disciples très proches du Maître. Le Concile Vatican II nous décrit comme suit: «des laïcs: donnés de plus en plus à l’apostolat, ils se réunissent en des formes diverses d’action et d’association, qui poursuivent des points proprement apostoliques, en union particulièrement étroite avec la hiérarchie, ces associations constituent l’Action Catholique».

Vos caractéristiques? Les voici, sous la plume du même Concile: 
a) Le but immédiat des organisations de ce genre est le but apostolique de l’Eglise dans l’ordre de l’évangélisation, de la sanctification des hommes et de la formation chrétienne de leur conscience, afin qu’ils soient en mesure de pénétrer de l’Esprit de l’Evangile les diverses communautés et les divers milieux.
b) Les laïcs collaborant, selon un mode qui leur est propre, avec la hiérarchie, apportent leur expérience et assument leur responsabilité dans la direction de ces organisations, dans la recherche des conditions de mise en œuvre de la pastorale de l’Eglise, dans l’élaboration et la poursuite de leur programme d’action.
c) Ces laïcs agissent unis à la manière d’un corps organisé, ce qui exprime de façon plus parlante la communauté ecclésiale et rend l’apostolat plus fécond.
d) Ces laïcs, qu’ils soient venus à l’apostolat de leur propre mouvement ou en réponse à une invitation pour l’action et la coopération directe avec l’apostolat hiérarchique, agissent sous la haute direction de la hiérarchie elle-même, qui peut même authentifier cette collaboration par un mandat explicite.

VI. Un appel à l’engagement
Saint Paul, uni à vos pasteurs vous exhorte et demande votre engagement le plus résolu: «Quant à vous, frères et sœurs, ne vous lassez pas de faire le bien» (2 Thess 3,13). Il vous revient de rendre l’Afrique et spécialement cette Région des Grands Lacs plus chrétienne, plus catholique, ou tout simplement, plus humaine, car l’homme, la femme vraie, ne le sont pleinement que quand ils sont les enfants du Père, dans le Fils, par l’Esprit Saint (voir Mt 28,19).
Soyez la source inépuisable de la Force du Bien.


II Rencontre continentale africaine
VOUS SEREZ MES TÉMOINS EN AFRIQUE. Réalités, défis et perspectives pour la formation des fidèles laïcs. La contribution de l’Action Catholique/2 – Bujumbura,21-25 août 2002

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S.E. Mgr Simon NTAMWANA - Archevêque de Gitega - Président de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi
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